Comprendre les mécanismes relationnels qui se répètent
Pourquoi certains schémas amoureux semblent impossibles à quitter
Par Mariana Vilela Areias & Jean-Jacques Burtin
Hypn’ose2a – Méthode SAMARA (Trauma Informed)
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Quand les mêmes histoires se rejouent encore et encore
En cabinet, en accompagnement thérapeutique, mais aussi dans les récits de vie que l’on entend au quotidien, certains mécanismes relationnels reviennent avec une régularité troublante.
Nous rencontrons fréquemment des personnes qui :
· Refusent de regarder leurs blessures profondes,
· Projettent systématiquement la faute sur l’autre,
· Répètent les mêmes scénarios relationnels,
· Choisissent inconsciemment des partenaires blessés ou dépendants,
· Entretiennent les ex dans un lien flou (espoir, attachement, présence intermittente),
· Enchaînent les relations sans jamais vraiment clôturer les précédentes.
Et ce… parfois pendant des années, voire toute une vie.
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Le mécanisme de fond : la blessure non résolue
Derrière ces répétitions, on retrouve très souvent une blessure émotionnelle non résolue : abandon, rejet, trahison, insécurité affective, humiliation.
Le problème n’est pas l’existence de la blessure — nous en avons tous — mais la manière dont elle est gérée.
Au lieu d’être reconnue et travaillée, elle est souvent :
· ❌ Évitée
· ❌ Niée
· ❌ Projetée sur l’autre
Le fonctionnement devient alors inconscient mais très cohérent psychiquement :
« Ce n’est jamais moi le problème, c’est toujours l’autre. »
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Ce que ces personnes mettent en place… sans s’en rendre compte
Dans la relation, cela se traduit souvent par :
· La recherche de partenaires qui s’attachent rapidement (pour se sentir rassuré, valorisé),
· Le maintien d’un pouvoir affectif,
· Une fuite dès que la relation devient trop intime, trop conflictuelle ou trop révélatrice,
· Le fait de laisser l’autre « accroché » : messages ambigus, souvenirs entretenus, présence irrégulière.
En psychologie, on parle souvent d’un mélange de :
· Stratégies d’évitement,
· Dépendance affective croisée,
· Et parfois de manipulation affective inconsciente (non préméditée, mais réelle dans ses effets).
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Exemple clinique n°1 : “Tous mes ex sont toxiques”
Sophie (prénom modifié) consulte après une série de relations douloureuses.
À chaque fois, le même scénario : elle s’engage vite, se sent rassurée au début, puis étouffe dès que le lien devient stable. Les ruptures sont floues, les ex restent présents, et chaque nouvelle relation commence avant que la précédente soit vraiment terminée.
En travaillant le fond, apparaît une peur massive de l’abandon.
La proximité réactive cette peur… alors la fuite devient une solution inconsciente pour soulager l’angoisse.
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Pourquoi ces relations s’enchaînent-elles ?
Parce que le cycle est extrêmement renforçant sur le plan émotionnel :
· ➡️ La séduction nourrit l’ego et apaise temporairement la blessure,
· ➡️ L’intimité réactive les peurs profondes,
· ➡️ La fuite soulage immédiatement,
· ➡️ Une nouvelle relation relance le processus.
C’est une forme de shoot émotionnel, un apaisement temporaire… mais jamais durable.
La blessure, elle, reste intacte.
Le schéma se répète.
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Pourquoi choisir si souvent des partenaires blessés ?
Ce choix n’est pas un hasard.
Les personnes émotionnellement stables :
· Ne rentrent pas dans les jeux de dépendance,
· Posent des limites claires,
· Ne restent pas dans le flou.
À l’inverse, les personnes blessées :
· S’attachent plus vite,
· Tolèrent davantage,
· Espèrent plus longtemps,
· Se remettent beaucoup en question.
Pour quelqu’un qui cherche inconsciemment à garder un contrôle affectif, c’est plus confortable.
Encore une fois : ce n’est pas conscient, mais profondément logique sur le plan psychique.
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Exemple clinique n°2 : L’ex toujours présent
Marc (prénom modifié) n’arrive pas à couper avec ses anciennes relations.
Même après une rupture, il garde le contact « par gentillesse », « pour ne pas faire de mal ».
En réalité, ces liens lui permettent de ne jamais se retrouver seul face à lui-même.
Le travail thérapeutique montre une peur du vide relationnel, elle-même liée à une insécurité ancienne.
Fermer un chapitre devient plus angoissant que rester dans un lien insatisfaisant.
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Ce que l’on observe très souvent en clinique
· Relations en montagnes russes,
· Ruptures jamais nettes,
· Ex omniprésents sous différentes formes,
· Conflits récurrents,
· Discours de victimisation (« je tombe toujours sur les mêmes »),
· Peu ou pas de remise en question durable.
Parfois après 10, 15 ou 20 relations similaires.
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La différence entre répéter… et guérir
Quelqu’un qui commence à guérir :
· ✔️ Observe ses automatismes,
· ✔️ Prend sa part de responsabilité,
· ✔️ Accepte l’inconfort du changement,
· ✔️ Ne fuit pas systématiquement,
· ✔️ Ferme réellement les anciens chapitres.
Quelqu’un qui ne guérit pas :
· ❌ Répète,
· ❌ Accuse,
· ❌ Fuit,
· ❌ Recommence.
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Thérapie ≠ guérison automatique
Aller en thérapie ne signifie pas forcément vouloir guérir.
Beaucoup de personnes consultent pour :
· Se soulager,
· Parler,
· Être comprises,
· Apaiser l’angoisse.
Mais transformer ses comportements profonds, c’est autre chose.
C’est douloureux, confrontant, déstabilisant.
Répéter ses histoires est souvent plus confortable que de changer.
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Une vérité parfois difficile à entendre
Certaines personnes passent :
· 10 ans en thérapie,
· Avec plusieurs professionnels,
· Enchaînent les relations…
Sans jamais toucher leur noyau.
Parce que tant que la responsabilité est toujours à l’extérieur, le regard ne se pose jamais sur ses propres mécanismes.
Et aucun thérapeute ne peut forcer cela.
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En conclusion
Ce n’est pas une question de méchanceté.
Ce n’est pas une question de “manque d’amour”.
C’est une question de blessures non résolues et de mécanismes de défense devenus automatiques.
👉 Le véritable travail commence le jour où l’on accepte de se regarder vraiment.
👉 De sortir des schémas répétitifs.
👉 De choisir sa responsabilité, son changement, sa guérison.
Choisissez-vous.
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