À tous ceux qui vivent en “Et si…” et “Oui mais…” : l’horreur qui murmure
Il y a des êtres dont la voix suffit à transformer une pièce en zone de danger invisible. Ceux qui parlent en “Et si…” et en “Oui mais…”. Vous pensez qu’ils plaisantent ? Non. Chaque mot est un crochet invisible qui s’accroche à votre esprit.
“Et si…”, murmurent-ils.
Et soudain, votre cerveau se retrouve prisonnier d’un labyrinthe de catastrophes imaginaires. Une idée anodine devient un tremblement de terre émotionnel : “Et si tu échouais ? Et si tout s’effondrait ? Et si… ?” Chaque “Et si…” est une fissure dans votre réalité, un virus d’inquiétude qui se propage à la vitesse de l’éclair. Vous tentez de répondre… mais une autre vague surgit, plus puissante, plus oppressante.
Puis le “Oui mais…” surgit comme un prédateur.
“Oui, mais ça ne marchera jamais…”
“Oui, mais tu devrais avoir peur…”
“Oui, mais si c’était pire encore ?”
Chaque phrase est un poison lent, qui ronge vos certitudes, détruit vos décisions et transforme vos choix les plus simples en terrain miné. Vous pensez avancer… mais vous reculez, sous le poids invisible de leurs doutes projetés.
Avec eux, le monde n’est jamais sûr. Même le silence devient menaçant, car vous savez qu’un prochain “Et si…” ou “Oui mais…” peut surgir de nulle part et vous happer à nouveau. Chaque conversation devient un thriller psychique, chaque moment de tranquillité un répit fragile avant la prochaine attaque verbale.
À vous, maîtres du chaos mental : merci… et que la peur soit avec vous. Parce qu’avec vous, le “Et si…” et le “Oui mais…” ne dorment jamais, et nos cerveaux ne se reposent jamais.
Proposition d’intervention thérapeutique d’urgence
(à destination des personnes vivant en “Et si…” et “Oui mais…”, et de leurs victimes collatérales)
Face à la prolifération incontrôlée des “Et si…” et des “Oui mais…”, il devenait nécessaire d’agir. Non pas pour juger — l’angoisse n’est pas un crime — mais pour endiguer la contagion mentale et restaurer un minimum de paix cognitive dans les échanges humains.
Étape 1 : La mise en quarantaine verbale
Toute personne surprenant un “Et si…” avant 10h du matin devra le garder à l’intérieur de sa tête pendant au moins 30 secondes. Si l’idée survit à ce délai sans provoquer de sueur froide immédiate, elle peut être exprimée. Sinon, elle est déclarée non prioritaire et classée dans la catégorie : catastrophes imaginaires sans fondement solide.
Étape 2 : La réforme du “Oui mais…”
Le “Oui mais…” ne sera plus autorisé sans alternative constructive.
Ainsi :
- ❌ “Oui mais ça ne marchera pas”
- ✅ “Oui, et voici une façon de sécuriser l’idée”
À défaut, le locuteur devra reformuler par un simple “J’ai peur”, beaucoup plus honnête, beaucoup moins toxique.
Étape 3 : Rééducation à la phrase affirmative
Exercice quotidien recommandé : prononcer une phrase sans conditionnel, sans hypothèse, sans apocalypse.
Exemples :
- “On va essayer.”
- “On verra.”
- “C’est imparfait, mais ça existe.”
Les premiers jours peuvent provoquer des vertiges, un sentiment de vide ou l’impression dangereuse que tout pourrait bien se passer. C’est normal.
Étape 4 : Thérapie de l’instant présent
Prescription simple :
Quand un “Et si…” surgit, poser immédiatement la question suivante :
Est-ce que ce problème existe réellement maintenant, à cet instant précis ?
Dans 87 % des cas, la réponse est non.
Dans les 13 % restants, il s’agit souvent d’un problème réel… mais gérable, et surtout moins dramatique que prévu.
Étape 5 : Suivi post-intervention
Les proches sont invités à encourager toute amélioration, même minime :
- une discussion sans scénario catastrophe,
- une décision prise sans recul de trois semaines,
- un silence sans inquiétude projetée.
Chaque progrès compte. Même un “Oui.” sans “mais” mérite une standing ovation.
Conclusion thérapeutique
L’objectif n’est pas de faire taire les “Et si…” et les “Oui mais…”.
Ils ont leur utilité.
Mais qu’ils cessent de prendre le contrôle, de coloniser chaque phrase, chaque idée, chaque respiration.
Parce qu’à trop anticiper la fin du monde, on oublie parfois de vivre le présent.
Et ça, même l’angoisse devrait pouvoir le comprendre
ORDONNANCE N° : Urgence vitale
Patient : Toute personne souffrant de l’exposition chronique aux “Et si…” et “Oui mais…”
Prescripteur : Dr. Zen, Spécialiste en Sauvetage Cérébral
Médicaments et posologie :
- Silence Instantané™
- Forme : capsules de 1 mot, à prononcer à voix haute
- Posologie : dès qu’un “Et si…” menace de surgir, prendre 3 respirations profondes et prononcer “On verra.”
- Durée : jusqu’à disparition complète des scénarios apocalyptiques.
- Oui… Et ✔ (Remède Constructif)
- Forme : pilules d’alternatives positives
- Posologie : remplacer tout “Oui mais…” par “Oui, et…”
- Effets secondaires : soulagement immédiat, légèreté cérébrale, possible sourire involontaire.
- Immédiate Confrontation à la Réalité™
- Forme : patch mental
- Posologie : chaque fois qu’un “Et si…” déclenche panique, se demander : “Est-ce que ce problème existe maintenant ?”
- Durée : efficace à vie si utilisé quotidiennement.
- Thérapie Intensive du Moment Présent
- Forme : inhalation de conscience
- Posologie : 5 minutes par jour, yeux fermés, respiration consciente, attention portée uniquement sur l’instant présent.
- Effets secondaires : diminution de l’anxiété, regain d’énergie mentale, incapacité temporaire à prévoir la fin du monde.
Instructions supplémentaires :
- Éviter de mélanger “Et si…” et “Oui mais…” dans la même conversation plus de 3 fois par jour.
- Tenir un journal de survie mentale pour noter toutes les catastrophes imaginaires qui ne se sont pas produites.
- Applaudir chaque victoire, même minime : un “Oui.” sans “mais” = 1 point de vie sauvé.
Contre-indications :
- Ne pas utiliser si vous aimez stresser pour le plaisir.
- Tenir loin des pessimistes invétérés qui considèrent chaque mesure comme inutile.
Validité : permanente tant que le patient conserve ses neurones.
Ajouter un commentaire
Commentaires